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Newsletter du 2023-05-04

 
  Bonjour à tous

En ce qui me concerne, le mercredi est en général consacré à la préparation des portions de légumes pour les paniers de jeudi. Il faut peser 58 portions de brocoli par là, faire de 60 bouquets de ciboulette à peu près équilibrées par ci, répartir et emballer les salades pour éviter qu’elles ne flétrissent...Des activités simples, qui laissent un peu de place aux divagations de l’esprit.
Ces derniers temps, l’histoire des compensation carbone par le biais de nos activités agricoles me turlupine et j’ai du mal à me forger un avis tranché sur la question.
Il semblerait que les produits de compensation soient tout autour de nous (comme le CO2). Ils sont pourtant rarement affichés comme tels.
Ils se cachent derrière des aides pour des projets d’agroforesterie (en Suisse aussi) , des subsides pour des chauffages à pellet, bilans CO2 offerts .. je soupçonne qu’ils se nichent aussi derrière des projets d’éoliennes, les aides pour les panneaux solaires, les voitures électriques, peut-être même les paiements directs pour les compensations écologiques ?

Quelle sorte de pudeur incite à cacher cela ? Si la mention «toutes nos émissions sont compensées» est courante, on ne voit jamais au bord des champs des panneaux clamant fièrement «Ici nous compensons vos émissions» . Cela sous-entend qu’il n’y a pas de quoi en être fier.

Perso, je me sens très mitigée par rapport à l’idée que ce que nous faisons avec conviction est monétisé pour blanchir (resp verdir) et donc justifier des activités polluantes.
C’est un jeu tordu qui embrouille mes capacités de raisonnement et ma conscience : Que penser de ces subsides ou autres contributions qui ne le sont pas à titre désintéressé. Ils nous aident, certes, à financer des actions justes. Mais ils résonnent tout de même en moi avec un écho de malaise. Est-ce qu’accepter ces financements nous transforme en complices ? et de quel crime ?
La nuance est celle qui existe entre un don et un pot de vin ou encore entre une relation amoureuse et le lien entre vendeuses d’amour et leurs clients

Si le temps c’est de l’argent, que l’amour s’achète et la bonne conscience a un prix, à quelles valeurs se raccrocher ? Peut-être pourrions nous tatouer des QR-codes sur nos fronts. Ainsi nos interlocuteurs pourraient facilement accéder à notre liste de prix personnelle qui pourrait couvrir du compliment pas sincère à l’adultère en passant par toutes autres faveurs, oublis volontaires ou mensonges potentiellement monnayables.

Jusqu’à quel point soutenir de bonnes actions peut-il en justifier de mauvaises ? Si des réseaux pédophiles subventionnaient grassement des orphelinats, faudrait-il donc les accepter, voire les soutenir ?
Cela ne colle pas. Mais cela soulève des questions. Des questions qui se bousculent, enflent, tournent en rond, en engendrent d’autres. Si une certaine schizophrénie est devenue la norme, qui peut nous guérir ?

Ne faudrait-il pas introduire des cours d’éthique dans nos écoles car, comme pour un enfant qui apprend à marcher..., lorsque les possibilités ne limitent plus nos actes, notre jugement devrait prendre le relais. Tant que nous n'en sommes pas capables, il nous faut un tuteur qui nous guide. A défaut de limites physiques, elles doivent être morales. Mais qui les définit ? et comment ? A l’heure actuelle, notre société occidentale a tout d’une classe d’école enfantine laissée sans surveillance car les maîtresses sont occupées à boursicoter pendant que les directeurs sont partis en jets privés pour une partie de Golfe (persique ?)

Autrefois, la religion fixait un certain cadre : «le seigneur est ton berger» nous avait-on enseigné. Mais on a exterminé les prédateurs (du moins le pense-t-on) et renvoyé le berger. Au 21 siècle, plus besoin d’aller à confesse : ouvrez l’app «clean conscience» placez trois «Je vous salue Marie» dans votre panier virtuel, réglez par carte de crédit et partez en vacances à l’autre bout du globe l’esprit tranquille, grâce à vos compensations il sera reboisé (et vous paierez plus tard).


Et les légumes dans tout cela ? C’est tellement plus simple, leur limites sont physiques et les lois sont par conséquent naturelles – impitoyables parfois, mais intransigeantes et incorruptibles. (sauf que, bien évidemment, on les a quelque peu hackés aussi.. mais c’est un autre sujet.)

Au passage pour votre compta carbone : chaque kg de nos légumes peut compenser 500g de CO2. Donc tous les 300kg de légumes vous pouvez prendre l’avion pour Barcelone la conscience tranquille. (une personne, aller simple, en classe éco)<br><br>