Newsletter du 17.06.2021

 
  Bonjour à tous

Ca pousse sous le soleil de Cuarny... Ceci vaut autant pour les bonnes que les « mauvaises » herbes. Cette discrimination est par ailleurs fort arbitraire et bien souvent injuste car certaines de nos « mauvaises » herbes sont en réalité excellentes et sont ou ont été cultivées et choyés en d'autres temps ou d'autres contrées comme des trésors culinaires. Il en va ainsi du chénopode, fort apprécié des aztèques aux les romains et toujours largement cultivé dans certaines régions du globe (différentes variétés bien sur), du pourpier (le vrai, celui qui pousse en été ) qui est considéré comme « légume béni » par les musulmans, l'incontournable ortie, mais aussi l'amaranthe (qui remplace généralement l'épinard en Asie ou encore le galinsoga, importé du Pérou à la fin du 18ème dans des jardins botaniques d'où il a envahi l'Europe... à peu près en même temps que les armées de Napoléon. Les allemands ont trouvé que les petites fleurs du Galinsoga avaient une ressemblance avec les boutons des uniformes français.. raison pour laquelle la plante s'appelle « Franzosenkraut » en allemand.
Histoire de vous faire découvrir ces particularités culinaires que vous ne trouverez ni à la Mi...s ni chez C..p. j'aime bien repérer les zones ou ces plantes poussent spontanément et avec une certaine densité, ce qui permet une récolte version « permaculture »... Cela parait si simple, mais en vérité, ces récoltes « sauvages » sont au final bien plus compliquées et longues que ce qui est cultivé car elles nécessitent des connaissances botaniques suffisamment poussées pour les reconnaître même à un stade très jeune afin de les épargner un tant soit peu au désherbage. Ensuite, la récolte se déroule sur 15'000 m2 et non pas 1-200 comme les autres légumes.. et cela entraîne parfois aussi quelques quiproquos p.ex si je signale sans autre commentaire (ben, dans ma tête c'est clair..) une zone avec beaucoup de chénopode (sousentendu «on va pouvoir en récolter quelques kilos ») et que c'est interprété par « travaux de binage en retard... ». Il n'est évidemment pas question d'exprimer ma déception à la vue du désherbage impeccable qui aura suivi ; celle-ci ne provoquerait que l'incompréhension générale... la bonne nouvelle c'est que ca repousse:).
Dès lors, pour simplifier , on a commencé à récolter des graines afin de semer nos mauvaise herbes. Mais il me semble parfois déceler dans le regard de nos maraîchers ce fond de pitié à l'égard de ceux dont la santé mentale est déficiente quand je leur demande de les semer... Notez que cette année, l'idée semble accueillie avec un réel intérêt, ce qui tombe bien car nous avons en ce moment une équipe de choc qui manie les binettes comme des champions, le champs n'ont jamais été aussi propres... difficile de remplir des paniers avec ce qui reste après leur passage:)
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