Newsletter du 03.02.2022

 
  Bonjour à tous

Après notre petite incursion dans le monde administratif de la semaine dernière (dispo ici au besoin: https://www.clos-du-moulin.ch/affiche_mail.php?mail_news_id=159), je propose de revenir à des sujets plus terre à terre. Par exemple nos conflits avec ceux qui mangent les pissenlits par la racine. A noter que, si ce n'étaient que les pissenlits, cela ne serait point un problème. Mais en l’occurrence, ils attaquent aussi les panais, les topinambours, les pains de sucre, les poireaux et j'en passe ... Je ne parle pas d'âmes en peine qui hanteraient nos légumes, mais d'êtres bien vivants, en chair et en os et qui se délectent de la partie souterraines des légumes : les campagnols terrestres, appelés aussi rats taupiers voir carrément taupes par certains, ce qui est bien sûr une erreur. Les (vraies) taupes sont devenues plutôt rares et se nourrissent de vers, larves et autres animaux, si des légumes sont abîmés ce ne sont que des dégâts collatéraux en lien avec leur galeries.

Revenons aux campagnols. A défaut d'hiberner, ils marquent tout de même une trêve dans la reproduction entre octobre et mars et sont moins actifs durant l'hiver. En prévision des jours froids, ils amassent des réserves de racines et tout ce qu'ils peuvent trouver pour les stocker dans leurs galeries relativement peu profondes qu'ils creusent avec leurs dents et leurs pattes. Lorsqu'il y a de la neige, celle-ci fait office d'isolant et leur permet de circuler juste sous le manteau neigeux – il est très courant à la fonte de la neige de voir une grande quantité de galeries qui affleurent.

Il faut savoir qu'un campagnol mange jusqu'à l’équivalent de son poids par jour, - essayez d'en faire autant ! Pour satisfaire ces besoins tout de même conséquents, ils sont actifs, tant de jour que de nuit. Bien sûr, un campagnol ne pèse que 60-120gramme ce qui relative un peu l'exploit...mais quand même. Et puis, ces petites bêtes nous battent sur bien d'autres points : entre le printemps et l'automne, ils sont capables de mettre au monde 10 nichées à raison de 4-7 petits chaque fois. Ca en fait, des bouches à nourrir ! Chaque jeune sera suffisamment adulte vers 3 mois déjà pour tenter sa chance avec une jolie campagnole (c'est très mignon un campagnol – si seulement ils pouvaient faire moins de dégâts).

Sans entraves, à ce rythme là, la terre recracherait des campagnols par toutes ses pores... Force est de constater que ce n'est (heureusement) pas le cas car, même voraces, les campagnols ne sont eux aussi qu'un maillon dans la chaîne alimentaire...

Selon l'adage : les ennemis de nos ennemis, sont nos amis, ceux-ci sont les bienvenus dans nos champs. Ainsi, des perchoirs à rapace attirent les buses aux griffes acérées et au regard perçant, les renards de la forêt avoisinante sont cordialement les bienvenus (et souvent présents), les hermines (très timides, on ne les observe guère que dans les zones les moins fréquentés du "jardin") sont de redoutables et habiles chasseurs de campagnols, tout comme leurs cousines, moins farouches, les fouines qui ont installé un HLM à la grange (il nous reste à régler le tabou des moteurs de voitures.. ) . Et au final il y a notre petite brigade anti-rongeures à pattes de velours.. plutôt efficaces en temps normal, ils sont présentement en grève: Roulés en boule au salon près du poêle, ils militent pour l'accélération du réchauffement climatique et l'abolition de l'hiver et du mauvais temps.
Enfin, il y a aussi des ennemis plus petits (mais non des moindres) qui ne sont malgré tout pas trop nos amis non plus: Plus la population de campagnols est dense, plus les virus, bactéries et autres parasites se transmettent. Ainsi l'échinococcose, provoquée par des parasites fait de sérieux ravages lorsque la taille des populations croît. L'homme peut d'ailleurs aussi être infecté (c'est rare et non transmissible d'humain à humain, mais non traitée, la maladie cause de graves lésions au foie...) vaut donc mieux ne pas trop fricoter avec les campagnols et bien laver les légumes - même bio – surtout s'ils sont destinés à la consommation crue.
Ce phénomène explique en particulier pourquoi les « pics de pullulation » qui s'observent tous les 6-8 ans ont tendance à s'autoréguler pour laisser place à une période plus calme...

On dit qu'on ne devrait jamais se réjouir du malheur des autres... mais à ce qu'il parait personne n'est parfait...
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