Newsletter du 30.01.2020

 
  Bonjour à tous

Vous aurez tous constaté que nous avons un temps magnifiquement venteux, pluvieux et tout de même frisquet cette semaine. Aussi, récolter les légumes qui restent dehors est un réel plaisir (pour ma part, je passe, à vrai dire, largement plus de bureau que dehors et ces jours et dois lâchement avouer que cela me convient).
Des semaines comme ca, on ne se bat pas vraiment pour ce type de job et il nous parait bien mal payé. De fait, les salaires dans l'agriculture sont particulièrement bas (allez, on va coller un peu à l'image des agriculteurs qui se plaignent) et malgré certaines mobilisations pour obtenir pour un salaire minimum décent, ils ont encore baissé pour atteindre Fr. 13.- de l'heure pour des ouvriers agricoles (rassurez-vous, grâce au système du panier (merci à tous!) nous pouvons faire largement mieux que cela). Toujours est-il que les salaires dépendent du prix de vente des produits (et vice versa), qui eux dépendent du marché global.
Or au final qu'est-ce qu'un légume ? si ce n'est le fruit d'une graine (d'un prix quasi négligeable) et de beaucoup de temps investi dans sa culture (en conventionnel, on ajoutera le prix des produits de traitement chimiques – mais de toute évidence, cela reste rentable) .
A l'heure de la mondialisation nos maigres salaires suisses représentent tout de même 3x plus que ce qu'est payé (officiellement) un ouvrier agricole en Espagne, plus d'un facteur 10 par rapport au Maroc et on frise le facteur 100 pour d'autres (producteurs de bananes, cacao, riz..)

Allez juste un petit exemple pour la route : Comme nous notons jour par jour dans une base de données le temps consacré à chaque culture, nous savons qu'en 2019 nous avons consacré env 180h aux fraises (plantation, désherbage, récolte), et en avons mis 1200 barquettes de 250 g dans les paniers (on a compté double les barquettes de 500). Ce qui nous fait donc 6.5 barquettes à l'heure. Avec un salaire à 22.- cela donne un prix de revient à 10.- le kilo (sans compter l'emballage, impossible de le mettre en vrac). Au salaire d'un marocain on descendrait quasi à 1.-/kg...

Dans la mesure où les transports restent bon marché, c'est plus que tentant pour le consommateur et super lucratif pour les importateurs qui, eux, ne se plaignent pas de leur revenu (je ne parle pas des chauffeurs de camion !).

Bref, l'équation est difficile à résoudre si quelqu'un détient la solution (applicable dans la pratique) qu'il n'hésite as à le dire... <br><br>