Newsletter du 05.03.2020

 
  Bonjour à tous

Malgré les pluies, la saison continue à avancer très vite.. pour certaines cultures un peu plus vite que prévu. Ainsi les fraises ont non seulement sorti les premières feuilles, mais on a vu apparaître par-ci par là des fleurs ! Il est donc grand temps de replanter les stolons les plus costauds pour « rajeunir » un peu la culture.
Biologiquement parlant, les fraises sont « programmées » pour rester longtemps au même endroit. Je tire cette déduction du fait que les fraisiers se multiplient essentiellement par stolons. C'est à dire que le plant mère forme une tige, sur laquelle se forme un miniplant de fraisier qui va se replanter tout seul env. 30 cm plus loin. Non issu d'une reproduction sexuée, il s'agit donc d'un clône (évidemment question reproduction sexuée, on ne sait pas trop ce que les fraisiers font entre eux quand on est pas là... mais, après tout, cela ne nous regarde pas...). Dans un premier temps ce jeune plant est d'abord alimenté par le plant mère, le temps de développer ses propres racines et devenir autonome (un peu comme chez nous sauf que l'adolescence semble plus facile – encore que, n'ayant jamais vécu la vie de fraiser, qu'en sais-je ? ). Tôt au printemps, il est donc temps de transplanter ce jeune plant pour qu'il poursuive seul sa carrière de fraisier (ou fraisière?). Le plant mère (ou père ? Ou les deux ?) ne meurt pas pour autant mais va, au contraire, se densifier d'année en année et produire un plus grand nombre de fraises. Le hic est que la taille des fruits est inversement proportionnelle au nombre, ce qui ne nous arrange. Si on laisse aller la nature, on finira par se retrouver avec un tapis de fraisiers produisant de tout petits fruits...pas pratique.

C'est donc pour ces diverses raisons qu'on tâche de renouveler la culture et la remettre régulièrement en rangs.

Les cultures qui visent de hauts rendements (tout ce que vous trouvez en magasin) sont plantés en été pour une récolte au printemps suivant après quoi la culture sera supprimée. La culture suivante sera plantée ailleurs. Comme il s'agit généralement de cultures hors sol, traduisez par «  au même endroit mais sur un nouveau substrat » . Et comme on n'arrête pas le progrès, à en juger d'après l'offre en magasin, cette manière de faire (que ne peut on pas obtenir avec un bon engrais...) permet d'obtenir des fraises dont la taille rivalise avec celle des tomates (on ne parle là pas du goût- encore qu'à ce niveau les deux fruits se ressemblent presque comme deux gouttes d'eau)...

Enfin, mentionnons tout de même que la fraise peut aussi se multiplier de manière sexuée, donc via des graines. Les graines de fraises sont les petits points qui se trouvent tout autour de la fraise. Pour en revenir aux origines biologiques, la stratégie de la fraise est de former un « fruit » charnu et appétissant pour les animaux (si on considère que l'homme en fait partie, on dirait que c'est bien vu...). Si la partie charnue du fruit sera digérée après ingestion, certaines petites graines survivront à l'épreuve du tube digestif et seront donc déposés cette fois bien plus loin du plant initial, afin de coloniser de nouveaux territoires. (si on en revient à l'homo sapiens occidentalus du 21ème siècle, y a la évidemment comme un bug question dissémination naturelle des graines... pour les amateurs de permaculture, y a là peut-être matière à réflexion..)

Allez, trève de parenthèses. Ci dessous, le contenu du panier à venir  (sans fraises)<br><br>