Newsletter du 18.06.2020

 
  Bonjour à tous

La météo reste un peu aléatoire, mais bon, on fait avec.. Dans les champs ca pousse gentiment.

Cette semaine nous avons prévu une botte de carottes nouvelles pour tous, l'occasion de parler un peu de ce légume « de base »:
L'histoire de la carotte se confond avec celle du panais. La plante en soi, donc la variété sauvage (Daucus carotus) pousse dans une grande partie de l'Europe et du moyen orient, elle est fréquente dans nos prés. Mais rien à voir avec les carottes que nous avons l'habitude de consommer : les racines des carottes sauvages sont petites, blanches, filandreuses et coriaces. Les grecs et les romains ne les consommaient guère, mais leur attribuaient des vertus médicinales.
La culture commence en Orient dès le 10ème siècle. A ce moment nous sommes encore loin de la carotte actuelle. C'est est un légume qui reste peu apprécié et surtout consommé par les pauvres.
Au 13ème siècle, la carotte commence à être cultivée ... mais pour ses fanes et non la racine (toujours filandreuse et coriace, violette, jaune ou blanche – mais PAS orange).

Et comme cette semaine vos carottes auront des fanes, nous vous suggérons d'en profiter pour les goûter  !

Revenons à nos carottes : Ce n'est que vers la fin du moyen âge qu'on commence à intéresser à la racine. Il n'y a pas encore de distinction entre panais et carotte, tout est appelé Pastenades. Progressivement on les séparera d'après les couleurs. Les blanches et jaunes reçoivent le nom de carottes (carrotes), les autres restent des pastenades, pastenailles, ou autres appellation similaires.

Ce n'est qu'au 18ème siècle que des horticulteurs hollandais développement une version orange de la carotte. Celle-ci aura plus de succès et finit par s'imposer en 1001 variétés longues, courtes, cylindriques, rondes ..mais toutes oranges. Le panais, lui, se développera en parallèle et n'est donc point plus ancien que la carotte.

Puisqu'on y est, encore un petit mot sur la culture de la carotte. C'est à mon avis l'un des légumes les plus délicats à gérer: Pour commencer, les graines de carottes sont très petites, n'importe quel semoir n'est pas adapté. Ensuite, les graines ne germent que très lentement, laissant une bonne longueur d'avance à toutes les adventices. Le début de la croissance est également très lent, donc si on ne veut pas les voir se noyer dans un océan de mauvaises herbes, c'est à la loupe qu'on désherbe...
Quand (si) on a réussi à les faire bien démarrer, il y a la mouche de la carottes qui vient semer son grain de sel, resp ses oeufs. Ceux là donneront ensuite des larves carottivores... et tant que la mode n'est pas aux carottes++ (celles avec les protéines intégrées), c'est nos chevaux qui se régalent.
Pour autant qu'on ait pas eu la bonne idée d'utiliser des graines maisons, qui, sans le savoir étaient hybridées avec des carottes sauvages (elles poussent bien mieux !, mais ne sont pas bonnes... ), il ne reste « que » le problème de la récolte. Les carottes se plaisent bien dans nos sols profonds, mais deviennent très(trop) longues. Il ne suffit donc pas de tirer sur les fanes pour la récolter. Sans récolteuse de carottes - c'est un engin de plusieurs tonnes qui vaut plus de 100'000.- , ce n'est pas vraiment une partie de rigolade.
Bref, nous ne sommes pas les seuls à avoir fait la constatation que la culture de carottes n'est pas simple, on en voit d'ailleurs fort peu dans les jardins et la plupart des maraîchers y ont renoncé (ou s'y sont spécialisés). Tout comme pour les pommes de terre, seul une mécanisation relativement importante - et par conséquent des surfaces de plusieurs ha pour les rentabiliser - permettent de travailler de manière suffisamment rationnelle pour produire des racines aux tarifs usuels. En dessous d'une production de 20 tonnes/an, difficile de ne pas produire à perte..

A présent, il ne vous reste plus qu'à tester les fanes de carottes : quelques idées p.ex ici (mais vous en trouverez facilement d'autres) https://www.cuisineaz.com/articles/que-faire-avec-des-fanes-de-carottes-2445.aspx <br><br>