Newsletter du 05.11.2020

 
  Bonjour à tous

Les discussions sont aux élections américaines et au nouveau semi-confinement ... Mais, comme qui dirait, chacun ses oignons. Alors, ici, on s'occupe des nôtres que nous sommes en train de planter pour 2021.

De la famille des liliacées, initialement originaire d'Asie centrale, l'oignon est un bulbe parfaitement cosmopolite qui s'invite dans une multitude de plats sur tous les continents. Combien de recettes commencent par  « faire revenir un oignon ...» ?

Au niveau mondial, 85 millions de tonnes en sont produits chaque année, ce qui le place allégrement parmi le top 3 des légumes les plus consommés sur notre globe et un tout petit peu plus bas en Suisse où les carottes rivalisent avec les tomates pour la première place avant les salades suivies du peloton oignons, concombres, poivrons dont l'ordre varie d'une année ou source à l'autre.

Outre son effet sur notre système lacrymal qui n'est plus à prouver et les flatulences donc il peut être la cause, c'est un légume sain auquel on attribue diverses vertus médicinales, en particulier en cas de rhume ou de bronchite (un demi oignon sur la table de chevet) . Ce qui est certain c'est qu'il renferme d'importantes réserves en vitamine C, en sélénium et en quercétine, une substance aux propriétés multiples allant de la protection contre les virus (ah...en ce moment..) à un effet anti-cancer. Ceux qui le souhaitent trouveront plus d'informations ici : http://www.wikiphyto.org/wiki/Querc%C3%A9tine

Quoi qu'il en soit, l'oignon est une plante bisannuelle, facile à cultiver sous nos latitudes. Tout comme le poireau, on a pris l'habitude de procéder en deux temps :

1) Production de bulbilles d'oignons : on sème de manière dense les graines qui mettent du temps à germer et se développent lentement au début. Vers mi- à fin juillet commence généralement une période de dormance pour les oignons : le feuillage périt, le bulbille sèche. Sa germination sera(it) réactivée par l'arrivée du froid, mais on le récolte avant.
Cette étape se fait généralement dans des exploitation dédiées à la production de bulbilles d'oignons que nous et vous pourrons acheter en automne ou au printemps.

2) On replante les bulbilles en automne pour la production d'oignons de printemps précoces. A un stade juvénile, l'oignon supporte bien le gel. L’exposition au froid induira cependant une floraison dans le courant du printemps et bloquera le développement du bulbe. Mais au vu de notre impatience à avoir des oignons frais au printemps pour la verdure plus que pour les bulbes, ils seront arrachés et consommés avant que cela ne devienne un problème :).

C'est au printemps qu'on plantera les bulbilles destinés à la production d'oignons "verts" plus tardifs et d'oignons de garde. Comme on aura conservé les bulbilles à l'écart de leur « calendrier  biologique» (pas assez froid), histoire de leur faire croire qu'il n'y a pas eu d'hiver, ils poursuivront le développement végétatif du bulbe plutôt que de lancer le «programme  multiplication ». Les oignons bénéficieront donc de quelques mois avant que leur feuillage ne sèche naturellement (en juillet c.f. ci-dessus).
Il n'y a plus qu'à parfaire le séchage pour disposer d'oignons de garde qui pourront être conservés allègrement jusqu'au printemps... enfin ce n'est pas tout à fait aussi simple.

Question conservation, l'oignon se place à part. Alors que les légumes-racines ont besoin d'un fort taux d'humidité, l'oignon a besoin d'un environnement sec et pas trop froid. L'éthylène qui ferait mûrir les fruits induit en revanche la dormance des bulbes.. pour une conservation longue durée, les oignons de garde ont donc besoin de leur propre local de stockage, raison pour laquelle, nous avons renoncé à ce secteur de production. Passé octobre, ceux du panier proviennent d'exploitations (mais toujours BIO et le plus proche possible) spécialisées dans ce domaine.

Par analogie, on évitera de conserver l'oignon au frigo. L'humidité salutaire pour la conservation d'autres légumes y est trop élevée et le froid lèverait la dormance et risque de provoquer la germination. Optez donc pour un endroit sec et à l'abri de la lumière, la température sera un critère secondaire... et si certains oignons ont déjà germé, notez que ceci n'est pas grave et ne les rend en rien impropres à la consommation. Le germe est délicieux !

Notons que l'oignon, comme les autres liliacées (poireau, ail), est légèrement toxique pour nos carnivores domestiques (chiens, chats) et ne devrait de ce fait pas faire partie de leur menu.

Enfin last but not least, depuis 1990, une réforme a « simplifié » l'orthographe de 2000 mots et permis d'écrire ognon sans i (de toute évidence, mon correcteur d'orthographe n'en a pas été informé.. et je crois bien que les écoles romandes non plus...)<br><br>